cet article est écrit en continuité des autres pour une participation ponctuelle et ciblée qui cherche à complémenter les connaissances scientifiques, car il y a bien en chaque transmission des connaissances une part de perdition (supplantation ou réutilisation), et c'est sur cette part fluctuante que nous devons réfléchir, tant pour évaluer la qualité et la quantité d'informations connues, que de trouver dans la dynamique (voulue ou fortuite) tous les attachements à une des formes évolutives de ce que l'on nomme "progrès", incluant une part "d'oubli"...
pour ce faire nous diviserons cet article en trois parties :
1/ la consolidation de la conscience
2/ l'imperfection de la mémoire
3/ l'improvisation comme secours immédiat
comme il est fait mention dans le titre de cet article, l'importance de l'oubli semble être en partie la résultante d'un refus de la dépendance, mais aussi une forme de sauvegarde de l'identité, car lorsque nous avons mis en évidence la tension qui existe entre l'autonomie et l'autonomisation, il apparu qu'une certaine instabilité de la conscience pouvait prendre une forme d'opposition et générer par le fait, des réactions de dominations entre humains, justement par le refus de dépendre d'autrui ou d'un milieu ou par l'attachement à une identité communautaire (conscience collective)...
alors que nous sommes biologiquement omni-dépendant du milieu et des autres, le développement de notre personnalité s'établit aussi dans une recherche d'autonomie par des actes d'autonomisations, devenant parfois même une recherche d'optimisation dans un savoir ou une maîtrise pratique...
c'est vers cette perspective de complétude (sens philosophique) d'une autonomie parfaite, que par contraste se soit dans une part de vacuité, comme manque de dispositions ou de capacités, que se révèlent toutes les possibles "fracturations" de notre conscience, car en tout devenir vital, l'interdépendance des êtres impose une réévaluation continuelle de la conscience, qui est relative à la diffusion et à la réception des informations portées par le réel...
la consolidation de la conscience est alors le seul expédient propre à soutenir ce besoin d'autonomie par tous les projets d'autonomisation, mais c'est là aussi que quelque chose de notre appartenance à la nature est oublié, cette dépendance radicale mise de coté, oblitérée même dans certains cas, laissant un vide ( un oubli) qui n'est ni objectif ni subjectif, mais relationnel entre les deux...
et si il y a bien trois modalités de l'oubli : par substitution, par recouvrement et par fuite, c'est qu'il y a aussi trois dimensions de notre conscience qui en pâtissent, et comme elles sont issues des trois mouvements naturels à savoir :
1/ la personnalité qui est la conscience issue du mouvement selon la forme
2/ la responsabilité individuelle qui est la conscience issue du mouvement selon la croissance
3/ la liberté qui est la conscience issue du mouvement selon le lieu
nous pouvons dire alors que l'oubli est comme un passage obligé de l'évolution de la conscience en ses milieux que sont le corps et le monde, mais que chacune de ces modalités de l'oubli oblige à une consolidation artificielle de la conscience et pourquoi cette consolidation est à l'origine de beaucoup de rupture dans les relations naturelles entre humains...
il est indispensable de reprendre ces trois modalités de l'oubli selon leurs implications respectives dans le travail, dans l'éducation des jeunes et dans l'organisation politique...
qu'est ce que l'oubli dans le travail ?
par substitution nous le voyons clairement, c'est dans la hiérarchisation des techniques et dans leur développements performatifs qu'une part des "anciens savoir faire" est remplacés...
par recouvrement il est aussi évident que la signification symbolique de la valeur financière du travail tend de plus en plus à recouvrir le sens de sa finalité ancienne, laissant apparaître des objets fabriqués uniquement pour la vente...
par fuite nous sommes devant la question de l'impacte écologique dans le travail, et surtout de la dégradation des ressources naturelles qui poussent en une fuite en avant absurde de la capitalisation des matières premières...
qu'est ce que l'oubli dans l'éducation des jeunes ?
par substitution dans le projet sociale de conformité culturelle, l'oubli se trouve évidement dans la limite de la cause efficiente éducative, c'est-à-dire dans l'inadéquation de transférer un savoir, car nous savons bien que ce dernier est toujours nécessairement sous tendu par la volonté d'atteindre un bien et il se peu que souvent ce savoir n’apparaisse pas comme un bien pour le jeune que l'on éduque...
par recouvrement l'oubli est justement dans la succession des générations, l'obligation des choix éducatifs selon les normes sociales, car éduquer c'est dans ce cas rendre le jeune responsable et autonome, et donc s'appliquer à revêtir une fonction dans une position sociale, ce qui exige évidement un oubli de certains traits caractéristiques de l'individu...
enfin par fuite puisque dans l'éventualité de problèmes éducatifs, la responsabilité des adultes proches du jeune oblitère une part de son présent et de son avenir en maintenant son passé comme handicap, et cela uniquement par peur de perdre leurs propres considérations sociales, là aussi la fuite par refus de soutenir un jeune qui commet des actes non-conformes à la socialisation est un refus de dépendance...
qu'est ce que l'oubli dans l'organisation politique ?
aparté...
il est indubitable que cette modalité de l'oubli influe grandement sur les deux autres, dans la mesure où l'organisation politique restitue par effet de représentativité, toutes les formes d'omissions de la sphère du travail et de l'éducation, c'est pourquoi c'est là aussi que se trouve réunies toutes les occasions de restituer l'intégralité de la conscience citoyenne...
par substitution nous devons convenir que l'oubli de l'autorité issue de la prudence pousse les responsables politiques vers un abus de pouvoir et cela pour trois raisons:
1 le devenir politique étant aussi instable que précaire, il suit donc que les décisions doivent se succéder dans un ordre qui tient plus de la logique du maintient de poste que des actes indispensables à la recherche du bien commun...
2 que l'organisation politique étant en grande partie constituée de fonctionnaires, il suit donc que le pouvoir fonctionnel efficace devienne très vite une envie d'efficience, d'où l'oubli par substitution de l'autorité pour le pouvoir...
3 que c'est dans un consensus relatif que toutes les décisions politiques sont misent en oeuvre, et qu'il y a dans cette relativité une propension à user du pouvoir politique pour imposer ses vues et projets, se rappelant de l'autorité qu'au travers des signes de supériorités des élus dans les cas où l'autorité de l'état est mise en cause...
par recouvrement l'oubli se trouve surtout dans la supplantation des faits historiques par le contexte formel de la législation qui tend avec retard, inexactitude et injustice à combler les véritables conséquences de certains faits historiques, pour s'en rendre compte il suffit de relire les actes forts des constitutions nationales et de voir en quoi elles recouvrent maladroitement tel ou tel fait historique qui, non loin d'être compris et acceptés pour ce qu'il sont, restent toujours ou le plus souvent cachés, recouverts par l'exigence d'une rédaction attendue...
par fuite en avant de la gestion économique d'un pays, faisant le plus souvent profiter l'intérêt particulier sur le bien commun, et cela avec des justifications très logiques de rendement et de pérennisation des emplois et des capitaux, comme si ils étaient liés indubitablement à un pseudo bien commun, et c'est là une fuite que nous retrouvons dans les luttes salariales et dans la quantité de temps exigée pour chaque personne qui travail, en fin de compte il appert que la signification de la modernité contraigne toute la société à une fuite vers toujours plus de rentabilité et de croissance, oubliant bien entendu le sens premier des questions touchant aux contraintes psychique et physique du travail et bien sûr à l'écologie...
2/ l'imperfection de la mémoire
avec cette particularité nous sommes devant l'obligation de reposer la question de l'autonomie et de l'autonomisation, puisque la mémoire et la remémoration sont présentes à chaque moment de notre intelligence et de notre volonté, c'est pourquoi nous subdiviserons ce chapitre en cinq parties :
1/ le lieu et le temps mémoriels
2/ l'usage circonstancier de la mémoire
3/ la notion de saturation quantitative de la mémoire
4/ les conflits entre concepts issus de l'abstraction sensible et concepts issus de l'imagination
5/ les actes propres de la mémoire dans les limites de la conscience
aparté
le fil conducteur de cette division provient du constat de la dynamique et de l'irréversibilité de la mémoire comme extension évolutive de la conscience humaine, ayant cette spécificité de s'évaluer elle même par et dans une culture...
1/ la dynamique mémorielle provient de la distanciation entre le temps et le lieu que notre corps subit de part son devenir de croissance, c'est pour tenir ensemble cette partition spatio-temporelle que la mémoire et la remémoration ont évoluées comme "un corps" de substitution figuratif pour la conscience, et concrètement dans le langage et toutes les productions humaines idéelles ou réelles, qui établissent un substrat culturel variable selon les lieux et les moments...
de plus, l'acte de remémoration qui est en lui même divisé en deux à cause de sa nature d'identification et de présentation de "l'objet nécessairement recherché" doit reconstituer la temporalité et la localisation pour que l'idée soit portée de la cohésion à une cohérence, car la remémoration a fonction de réorienter l'intelligence dans le réel par adéquation entre les deux, et finalement de permettre à la volonté d'y adhérer...
il est aussi utile de préciser ici que les notions de lieu et de temps sont de manière indissociable, unies en chaque acte de l'intelligence, mais que lors de la mémorisation une distinction se fait car la mémoire doit ancrer un lieu dans un temps et un temps dans un lieu pour que l'ordre qu'elle instaure tout au long de la vie de l'individu soit conforme à la partition corporelle première de temps et de lieu...
si nous pouvons parler de l'imperfection de la mémoire c'est que le sujet qui mémorise un objet à partir des éléments sensibles le fait d'une manière partielle et doit recomposer via l'imaginaire cet objet, ainsi la captation d'informations nécessairement limitée dans le temps et le lieu oblige à une "recomposition", c'est ce qui est justement une possibilité de figuration erronée voir même une cause d'égarement pour l'intelligence comme nous allons le voir dans le chapitre suivant...
2/ l'usage circonstancié de la mémoire se trouve évidement dans un hiatus puisque l'usage de l'intelligence est lui aussi confronté aux circonstances que le réel impose, et c'est sans doute même à cause de ce contact circonstanciel de l'intelligence avec le réel via les sens, que la fonction mémorielle s'est développée, donc ce que nous recherchons ici c'est en quoi la mémoire est un corps de substitution imparfait mais pratique...
ce que nous apprenons volontairement nous donne une partie de la réponse à la question de l'importance de l'oubli comme refus de dépendance dès lors où nous découvrons que la mémoire est dépendante elle même de la capacité individuelle de rendre présent le sujet dans chaque relation avec le milieu et les autres vivants, c'est pourquoi aussi la mémoire est comme un passage obligé qui ajuste notre conscience au réel...
voilà pourquoi aussi il est évident que l'inconscient n'existe pas, mais uniquement cette imperfection mnémonique en continuelle adaptation circonstancielle, et que la recherche psychologique soit basée sur une erreur aussi fondamentale révèle qu'elle est toute entière pernicieuse, les maladies mentales devraient toutes être revues dans leurs traitements par ce fait bien simple que la mémoire est en quelque sorte notre histoire fragmentaire et donc instable...
dans cette perspective, la mémoire est imparfaite en sa qualité relative au devenir de l'individu, puisqu'elle est une dépendance continuelle au réel, en se réactualisant, en se repositionnant, et en imposant une part d'oubli à la conscience, ces trois "moments" de la mémoire doivent maintenant être examinés un par un...
par la "réactualisation", la mémoire est une fonction qui tend à normaliser la place de la conscience dans le réel, une mise à jour continuelle reprenant la suite des informations formelles disponibles en faisant passer l'état d’inquisition de l'intelligence à celui d'acceptation, c'est par le jugement d'existence que cette dernière pose sur le réel, que la conscience mémorielle peut se positionner et positionner les autres réalités...
pour le "repositionnement", comme nous l'avons déjà vu dans l'article sur "l'accès à sa propre conscience", il est d'usage de dire qu'il y a un ordre entre les diverses qualifications objectives du réel, et c'est par elles que le "repositionnement" est possible, car ce n'est pas dans la quantification que la mémoire travaille, mais dans la juxtaposition des semblables, donc dans le qualitatif du réel qui lui est soumit...
l'imposition de l'oubli se trouve par les limites de la conscience de chaque individu, comme une nécessaire privation d'informations mémorielles, puisque l'intelligence en acte saisissant en distinguant les diverses déterminations des réalités, est soumise elle aussi à la délimitation sensible du corps, ou de la réflexion logique ou analytique, ou même au mouvement de l'imaginaire...
donc cette intelligence en acte, qui se trouve ainsi focalisée par son objet, perd obligatoirement l'accès à tout ce qui ne correspondent pas à la finalité de sa recherche, à l'exemple du choix qui est l'acte de l'intelligence prudentielle, chaque saisie d'une part du réel en estompe provisoirement ou définitivement d'autres parties...
3/ la notion de saturation qualitative de la mémoire, comme nous venons de le voir, tient à l'importance de l'oubli et se trouve autant dans l'usage circonstancier de la mémoire que dans l'activité de l'intelligence, et cela en rapport à la limitation propre de la conscience, ce qu'il reste à préciser c'est la saturation quantitative autant dans l'activité captatrice de la mémoire que dans son activité résurgente...
c'est par la capacité de contact sensible du corps et par la rapidité du mouvement de l'imaginaire, qu'une certaine quantité d'informations passe du réel à la conscience mémorielle, mais ce qui limite premièrement cet afflux c'est l'appétence individuelle à vivre et à chercher par l'autonomisation, une figuration personnelle dans le milieu de vie et face aux autres humains...
c'est pourquoi la saturation (limite) mémorielle est indispensable, l'acceptation du réel devant être qualitatif, le quantitatif doit nécessairement lui laisser la place, en effet ce qui délimite la quantité d'informations c'est son inter-relativité car elle se reconditionne naturellement comme masse de significations dans de nouveaux groupes ayant un sens commun, c'est-à-dire une direction, une finalité...
4/ les conflits entre concepts issus de l'abstraction sensible et concepts issus de l'imagination
il n'est pas utile de trop s'étendre sur ces conflits, car tout le monde les connaît en chaque situation dans laquelle une différentiation de points de vues pose à l'intelligence "un cas de conscience" et où une lecture du réel ne suffit plus à prendre une décision, mais où aussi, l'impacte de la projection imaginaire dispute au jugement d'existence la première place dans le processus du choix...
il est préférable ici de passer à l'explicitation des points stables de la conscience en prenant toutes les occasions de relations de l'individu au milieu de vie et aux autres individus, pour faire aboutir une éventuelle intelligibilité de l'acte mémoriel, tant dans sa fonction sédimentaire que dans sa fonction additionnelle, ainsi nous pouvons passer au dernier paragraphe sur l'imperfection de la mémoire...
5/ les actes propres de la mémoire dans les limites de la conscience
nous touchons là le centre de la réflexion sur la mémoire, dans ses deux moments flux et reflux de l'information, c'est dans sa fonction vitale que nous allons voir pourquoi elle existe et comment elle garde malgré le mauvais traitement que l'historicité en fait, une des sources de survie pour l'avenir...
la mémoire native, est une disposition physiologique du vivant qui prédispose la conscience à établir une survie de l'individu dans son milieu de vie, et cela en permettant à l'intelligence et à la volonté de se positionner face au réel, dans chaque situation mais aussi dans sa propre connaissance et désir de bien, c'est pourquoi la mémoire est comme un environnement, un corps de substitution...
elle a pourtant des actes propres, ce sont en quelque sorte sa "respiration", faisant de la conscience ce que les poumons font pour le sang, et cette analogie physiologique d'inspiration et d'expiration nous donne au sens propre quelques indications sur ses limites fonctionnelles...
ainsi le passage entre le contact physique du corps avec une réalité et la conception mémorielle qui est produite, est le même que le contact de la fonction respiratoire en contact de l'atmosphère oxygénée, c'est pourquoi ce passage établit une codification de la survie dans des proportions semblables, et plus encore, base cette survie sur la capacité de transformation de l'information, ce que l'oxygène produit lui aussi comme effet pour la respiration, puisque l'oxygène dégrade le glucose...
cette analogie entre la respiration et la mémoire, qui peut surprendre, reste tout de même utile pour ne pas limiter la mémoire à sa fonction de stockage de l'information...
pour aller plus loin dans ces deux actes propres de la mémoire, que sont la mémorisation et la remémoration, il est indispensable de prendre toute l'envergure de l'instabilité de la conscience dans ces limites, puisqu'elle est une forme relationnelle dépendante du lieu et du temps du corps, ce pourquoi elle a en ces limites une certaines ressemblance avec le corps matériel de tel individu...
ce que la mémoire permet dans ces deux actes propres, c'est donc de réactualiser, de repositionner et "d'imposer" à la conscience des relations complètes(ou partielles) de la personne aux autres personnes et au monde, et c'est dans cette mesure que sa fonction touche à une limite d'acceptabilité/limite pour la conscience, car plus ou moins acceptée, cette triple fonctions se retrouve à la base de tous les troubles "dits psychologiques"...
la réactualisation est la base de tout les dénies de réalité
le repositionnement est la base du refus de la responsabilité et l'imposition est la base du refus (ou de l'inconnaissance) de ses limites
enfin pour faire mieux comprendre ce que cette mémoire a comme finalité, il est utile de mettre en perspective la place de la reproduction dans la survie de l'espèce, car une part de la mémoire génétique de chaque individu est transmise d'une génération à l'autre, sorte de dédoublement informatif de l'espèce, comme une transmission mnésique entre personnes ayant une fin commune, la survie de l'espèce...
3/ l'improvisation comme secours immédiat
la question première est de chercher à préciser en quoi chaque improvisation/invention est un risque d'égarement dans le sens où elle ajoute quelque chose au réel par delà la saisie sensible et partageable par tous, faisant de tel sujet un novateur, créateur non pas uniquement par l'activité artistique, mais aussi par tout apport scientifique et technologique...
à cette question, la seule réponse se trouve dans la parfaite connaissance du lien qui existe entre l'intelligence et la volonté, car la nécessité de se positionner que la conscience a face au réel oblige cette unité entre ces deux puissances...
la première, l'intelligence apportant une continuelle base significative du réel...
la deuxième un aboutissement pour que la conscience accepte ce réel...
ce qui se passe dans le cas où, une improvisation par inventivité justifie quelques possibles, réalisables sous formes de projets, c'est une reconfiguration de ce réel avec l'apport de cette innovation, et cela depuis "le temps des cavernes" jusque dans notre saturation actuelle de productivité, le même processus est à l'oeuvre ouvrant de plus en plus une distanciation entre l'intelligence et la volonté, et privilégiant de la part de la volonté une soumission de complaisance, et de l'intelligence une mise à niveau forcenée...
c'est donc à partir de cette improvisation première, comme secours immédiat, que l'engrenage des savoirs et des avoirs ont modifié la place de l'humain dans la nature, et jusqu'à inverser aujourd'hui l'ordre de la prudence qui faisait de l'anticipation une base de survie, contraint l'humanité dans cette complexe imprudence et "civilisatrice en progrès" des temps modernes...
et c'est justement dans une saturation quantitative de la mémoire que certaines technologies tentent de continuer à gérer la position de l'humain dans ses propres impasses productivistes, c'est pourquoi il est impossible de retrouver un équilibre naturel de cette espèce dans la nature sans au préalable le remettre devant sa propre nature, et donc devant sa propre finalité...
en reprenant l'intitulé de cet article, nous devons accorder à la mémoire cette ambiguïté dont elle est pourvue comme fonction et aussi comme état, car tout comme elle est apparue pour réduire la dépendance du corps à l'afflux continuel d'informations sensibles, elle est aussi devenue une dépendance aliénante, c'est dans la conclusion que nous allons exposer ce dernier point de vue...
conclusion...
encore plus immédiate que la mémoire historique, l'implication de la mémoire pratique est une forme de conditionnement complexe et aliénant du devenir humain, en effet c'est dans l'accumulation continue des savoir-faire que s'établit la projection des possibles du devenir humain, et cela en réitérant de génération en génération une constante volonté collective de maîtrise et d'autonomisation...
cette mémoire collective pratique s'organise comme l'extension de la mémoire personnelle avec des particularités spécifiques d'amplification que la quantité des individus permet à partir de la qualité de production de chacun, ce qui reste aussi le point faible de cette mémoire, puisque la direction collective des savoir-faire est aussi dépendante d'autres causes d'orientations, ce qui fait que cette capacité d'entreprendre se trouve souvent dirigée dans une mauvaise direction...
dans ce cadre, l'improvisation pose, comme secours immédiat, de nouvelles difficultés car si dans un milieu de vie, un certain équilibre entre les contraires est garant de sa pérennité, dans un milieu matériel de production, seuls les opposés sont validés comme devant faire advenir les normes par une seule règle de l'intelligence pratique: tout ce qui fonctionne est bon !
et par une seule règle morale, celle : du moindre mal !